Hayette et l'association Share en maraude dans Paris

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Hayette maraude depuis 7 ans avec son association Share.

Offrir du temps pour aider les personnes en difficulté cela fait partie de ma vie.

Je suis d'origine tunisienne, je travaille dans la finance, je suis je peux le dire hyper active ! J'ai travaillé dans plusieurs secteurs avant, aux Etats-Unis entre autre et aujourd'hui je suis en France, et je suis heureuse de vivre ici. J'aime la France, ses valeurs... Avec l'association, on est une petite organisation, un peu familiale ; Clément et Elodie, ils sont frère et sœur, et eux c’est vraiment en famille l’organisation ! Leurs parents les aident à préparer des repas à distribuer !

Avec l'association, on finance nous même nos maraudes, on reçoit des dons de nos amis.

C'est un autre travail que je fais, aller chercher du soutien, des dons, de l'aide, pour pouvoir agir dans la rue, auprès des plus démunis.

Pendant le premier confinement, j'ai aidé des femmes avec leurs bébés et jeunes enfants. Je leur trouvais du lait, des couches... Je m'occupe aussi d'autres personnes, dont une âgée, qui a des problèmes de santé. Pour les maraudes du dimanche, nous avons un parcours, et quand on voit des personnes qui semblent sans abri, on va les voir, on leur propose à manger, du café, on discute, on échange des sourires. On suit certains depuis plusieurs années, et d’autres ont réussi à s’en sortir, donc on les revoit plus et c’est une très bonne chose. On a quand même réussi à sortir une dizaine de personnes de la rue en 2 ans

Un jour mon frère m’a fait une réflexion en me disant c’est bien, vous leur donnez à manger, mais il serait bien de leur apprendre à pêcher. Ca m'a fait réfléchir, et je me suis dit que j'allais essayer.

Un soir j’ai rencontré un jeune homme de 28 ans, qui était à la rue depuis 3 mois, et je me suis dit, pourquoi pas essayer d’aller plus loin. On a trouvé des auberges de jeunesse, on a réussi à avoir pas mal de dons, de là ça s’est enchainé, et il a réussi à sortir de la rue.

J’aime bien les gens, j’aime bien parler aux gens, j’aime bien connaître la vie des gens, raconter un peu aussi ma vie parfois ! C’est dans ma nature, mais c’est aussi mon éducation : j’avais une maman qui était très croyante, très bienfaisante, et qui nous disait qu’il fallait toujours faire le bien et que la vie nous le rendrait en bien.

Les personnes que l'on rencontre, ils nous racontent leur histoire, leur parcours...

Quand on voit qu’ils ont le sourire, qu’ils ont la pêche, qu’ils sont de bonne humeur… c'est incroyable, quelle leçon de vie .... et pourtant ils dorment dans le froid... 

Alors on fait ce qu'on peut à notre niveau. On passe tous les 15 jours, on donne, ou on dépose des paniers repas.

Le fait d’aller vers eux, de leur parler, ça leur donne du courage, ça leur donne de l’espoir, ça peut paraître pas grand chose pour nous, mais pour eux c'est hyper important, c'est une reconnaissance, un lien social, un partage qui fait du bien.

Il y a un petit jeune, on l’a motivé, il s’en est sorti grâce à nos encouragements, on l’a encouragé, au final toutes ces bonnes ondes positives, ça lui a permis d’y arriver par lui même.

Moi ça m’apporte énormément, je me sens bien, j’ai tout le temps la pêche, je suis toujours de bonne humeur, je me sens bien dans ma peau, bien dans ma tête. ça m’a beaucoup apporté vraiment. Se sentir utile, donner du bonheur aux autres c’est un vrai cadeau de la vie.

Je me sens solidaire, citoyenne solidaire et quand je vois tout ce que ça leur apporte, à tous ces gens qui sont moins favorisés que nous, moi ça me fait du bien.

C’est pas évident d’aller vers des gens qu’on ne connaît pas et qui vivent dans la rue… en fait, il faut oser, oser rencontrer ces personnes, parler avec elles, discuter.

J’aimerai bien qu’il y ait davantage de gens qui se mobilisent et qui se lancent, ce n'est pas si compliqué, il faut juste oser et vous verrez tout ce que cela apporte !