Un matin, impossible de me lever et de sortir du lit, mon pied gauche ne fonctionne plus !! Donc impossible d’aller au bureau car véritablement clouée au lit. Je suis salariée, consultante en RH avec une activité très intense. C’est un coup dur.

J’ai très vite compris que mon corps m’envoyait un signe fort. J’avais trop tiré sur la corde.

Et ce depuis longtemps sans véritablement pouvoir souffler et récupérer ni dans ma vie perso (je ne dormais pas depuis des années en raison de nuisances sonores), ni dans ma vie pro très surchargée ;

En fait j’étais épuisée : ma bonne volonté, le « tais toi et avance » de mon éducation dans une famille militaire ne pouvaient plus rien, mon corps a dit stop.

S’en est suivie une période très douloureuse, mon pied me brûlait énormément (je n’avais jamais connu cela avant), il gonflait, j’ai eu des œdèmes, des douleurs terribles ; j’étais démunie, je souffrais et je ne savais pas quoi faire.

J’ai consulté le chirurgien du pied qui m’avait opérée il y a plus de 20 ans de ce pied, un autre spécialiste et un podologue ; et là mon moral est vraiment descendu car leurs diagnostics étaient littéralement opposés.

Je ne savais pas qui écouter et pour le coup je ne savais plus quoi faire, ni quoi penser…j’étais découragée à tel point que j’ai pensé un moment ne pas récupérer l’usage de mon pied et être déclarée invalide. Comme la valeur travail était très forte chez moi, c’était très dur à admettre à mon âge d’autant plus que j’aime beaucoup mon métier !

3 facteurs m’ont conduit à la guérison. Des professionnels de santé à l’écoute avec un accompagnement qui me correspondait, un livre qui m’a guidée, et mon état d’esprit positif.

La confiance que j’ai eue en 3 professionnels de santé a été primordiale.

Tous m’ont écoutée, ont pris du temps pour essayer de comprendre, et me faire des propositions.

Ma kiné, elle m’a permis pas après pas, avec douceur et délicatesse, de rééduquer mon pied qui me brûlait atrocement, elle a fait le lien entre mon ancienne opération du pied, et la cicatrice qui était en train de s’enflammer sous l’effet du surmenage et a mis un nom sur ce que j’avais : de l’algoneurodystrophie. Avoir un diagnostic m’a aidé, même si les séquelles possibles ne me rassuraient pas. Ensuite, ma gynécologue, elle, m’a donné de précieux conseils nutritionnels pour remonter la pente car j’avais perdu aussi toute mon énergie, suite à mon épuisement lié au travail et au manque de sommeil. L’aspect nutrition m’a apporté de l’énergie, donné du tonus et permis de retrouver des kilos ; par ex j’ai rajouté (entre autres) de l’huile de noix, des graines de lin, des noix, noisettes, amandes, de la lécithine de soja, des fruits rouges, du chocolat, des céréales et suivi un régime très protéiné.

Et puis il y a eu un médecin, recommandé par mon réseau, qui m’a beaucoup soutenue et m’a fait des séances très régulières d’acupuncture. Cela m’a apporté une aide globale, à la fois sur le psychique et l’émotionnel en rabaissant mon stress, calmant mon inquiétude ; sur le physique notamment au niveau de l’inflammation du pied, également en relançant ma vitalité.

En même temps, par chance, je suis tombée sur un ouvrage qui a été déterminant par ses précieux conseils et surtout sa vision des maux, ouvrage qui a été un vrai compagnon pour moi.

Ressourçant et rassurant, il m’a conforté dans l’idée que j’allais m’en sortir. Il s’agit de « Guérir » de David Servan Schreiber.

Enfin et surtout, j’y ai cru, j’ai pensé très fort que j’allais m’en sortir, j’ai mobilisé mes « ressources internes ».

J’ai actionné plus que jamais mon état d’esprit positif, ma façon de valoriser chaque petit progrès, step by step, de me conditionner : je vais remarcher sur 2 pieds ; aussi ma volonté et mon élan de vie, ils ont été des ressorts pour remonter mon énergie et mon moral.

Pour m’encourager, je pensais aussi que les périodes se suivent et ne se ressemblent pas …après la pluie …le beau temps.

Peu à peu, j’ai pu remarcher très progressivement, au début juste quelques minutes tellement je m’étais affaiblie, puis au bout de 4 mois, j’ai repris mon activité professionnelle en douceur, j’ai même essayé de danser à une soirée ! En fait je n’ai gardé aucune séquelle.

Quand j’y repense, jamais je n’aurai pu imaginer à l’époque que je travaillerai encore pendant ….15 ans ! J’ai arrêté le 1er juin 2020 !

Après cet épisode, j’ai fait quelques changements dans ma vie pour me permettre d’aller vers un meilleur équilibre.

Pour le sommeil, ça a été très compliqué car je ne dormais plus depuis des années ! D’abord j’ai pris des somnifères pour stopper ce cycle infernal, puis un anxiolytique. Ensuite j’ai réussi à déménager dans un environnement sans nuisance sonore et j’ai pu arrêter l’anxiolytique au bout d’un an.

Au niveau pro, j’ai fixé des limites avec tact, diplomatie auprès de ma manager : j’ai arrêté de dire oui à toute nouvelle proposition …et cela a été entendu.

Au niveau perso, je me suis inscrite à des cours de yoga ; les premiers temps sans résultat sur moi, c’était pour moi que des exercices …. Je restais dans le « devoir », dans l’injonction : « je dois faire du yoga pour aller mieux » ; et puis, très progressivement j’ai commencé à ressentir de plus en plus profondément un lâcher-prise qui fait du bien, cette descente dans le corps, jusqu’à en devenir « accro » !

Cette période très éprouvante m’a fait réaliser que plusieurs aspects de ma vie ne me convenaient pas, ou plus.

J’étais très souvent dans l’effort pour faire plaisir aux autres. J’ai pris conscience de ce déséquilibre et du coup, le besoin de me protéger et prendre le large sont devenus une nécessité, c’est ce que j’ai mis en place un peu plus tard.

Cet épisode de ma vie a eu un impact sur ma façon de voir la vie et de la vivre

Je ressens plus d’intensité à chaque moment, après avoir ressenti dans les tripes comment la bonne marche de l’organisme est précieuse et puis beaucoup, beaucoup de gratitude.

J’ai vraiment remercié pour avoir retrouvé l’usage complet des 2 pieds, pour continuer à avancer et puis aussi de la fierté d’avoir contribué à ce résultat.

J’ai pris du recul aussi en comprenant que le corps doit être entendu, le déni ne dure qu’un temps…du coup aussi de l’humilité.

J’ai aussi la conviction que nos pensées, notre mental, jouent un rôle très fort : quand on y croit vraiment, ça a un impact.

C’est en fait ce que proposait Monsieur Coué : à force de penser que mon pied allait refonctionner, j’ai participé à ma guérison…

Aujourd’hui, je sais mieux m’écouter, j’entends la petite voix quand cela ne fonctionne pas, j’ai des rappels à l’ordre …

Je prends aussi soin de moi, pas uniquement de mes proches, dont je continue à prendre soin bien sûr.

Je me fais des cadeaux : des voyages que je choisis, des randos, des séances de shiatsu ; mon emploi du temps me correspond, il est varié, je sors beaucoup avec mes ami.es. Je ressens une grande liberté et aussi de la responsabilité.

Pour conclure, j’aimerai partager une phrase que j’aime beaucoup de Jacques Martel, psychothérapeute au Canada : « Tomber, c’est humain, se relever, c’est divin ».